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8 impasse des acacias - 58160 SAUVIGNY-LES-BOIS - 06 11 85 28 64 - yl@terredhumus.fr


Terre d'Humus

*20juil09 : BRF en sols argileux PDF Imprimer Envoyer

 

Le BRF donne de très bons résultats sur la régulation de l'eau (meilleure infiltration due à une plus grande aération, moins d'érosion, meilleur stockage, donc moins d'arrosage) et sur la fertilité du sol. Cela se vérifie dans la plupart des terres légères et des terres franches.

Mais dans les sols lourds, argilo-calcaires ou argilo-acides, la technique BRF demande du doigté pour donner les résultats à la hauteur des attentes.

Voici donc quelques pistes pour tirer le meilleur parti du BRF dans ces terres collantes en hiver et fissurées en été.

Examinons les processus qui s'installent avec le BRF sur terres argileuses.

Le BRF en apport automnal de surface (en paillage sans incorporation) sur sol argileux va enfermer l'humidité des pluies d'automne-hiver en empêchant l'évaporation.
Or, les argiles, en présence d'eau, ont la propriété de gonfler. En gonflant, ces particules minérales qui se comportent comme des éponges prennent "toute la place" et chassent l'air présent dans le sol. Résultat :  l'oxygène se raréfie, et la vie microbienne également. Dans les cas extrêmes, cela peut conduire à une terre style terre à potier, dense, sans air, dans laquelle pas grand chose ne va pousser.

Une incorporation au printemps sera difficile, la structure de ce sol froid et très lourd ne se prêtera pas bien au mélange.
Et les graines semées à travers cette couche de BRF germeront très difficilement, car les petites racines vont se trouver face à une terre froide, compacte et dépourvue de l'oxygène ncécessaire aux bactéries symbiotiquess des racines.

 

Examinons maintenant comment contourner cette difficulté et malgré tout tirer profit du BRF en sol argileux.
Avant de vous proposer différentes pistes possibles, voici quelques principes qui doivent vous guider :

a.  en saison des pluies, les apports importants de BRF en paillage risquent de conduire à l'asphyxie.
b. pour aérer un sol argileux, la voie royale est d'apporter de la matière organique pour former le complexe argilo-humique. Voir Wikipedia à ce sujet : le complexe argilo-humique
Le BRF étant une matière organique tout à fait adaptée à l'établissement de ce complexe, il faut trouver la bonne technique pour faciliter sa formation.
c. le BRF est riche en calcium. Le calcium fait le pont entre l'agile et l'humus. Des apports de BRF sont adaptés pour remonter le pH. Voir une expérienvce à ce sujet.
Le jardin d'Étienne Bonvallet, en Puisaye (Yonne) .
d. les apports de BRF doivent être faibles les premières années. (1 à 2 cm).
e. il est préférable d'effectuer les apports une fois le sol réchauffé (en France, mai à juin suivant les régions), pour ne pas retarder le réchauffement du sol.
f. le BRF précomposté quelques mois limitera les inconvénients des apports de BRF frais en période croissance végétative (printemps-été).
g. En été, il faut absolument pailler pour que le sol ne se fissure pas. Sinon, c'est la disparition sur les 5 premiers cm du sol de la vie bactérienne.

 

Maintenant, quelques mode opératoires possibles.

 

 1. Incorporation automnale avec apports faibles de BRF frais (piste expérimentale à valider)

Incorporez le BRF de suite à l'automne, après les premières pluies, au moment précis où la terre peut se travailler. À ce moment précis, s'il n'est pas déjà présent, épandre le BRF en fine couche (1cm pas plus), et incorporez de suite, avec une griffe et de manière très superficielle (5 cm, pas beaucoup plus). Il y aura contact intime entre la terre et les copeaux qui eux ont une structure aérée.
Il est raisonnable de penser que cette aération artificielle sera profitable pour enchaîner au printemps sur des semis réussis.

Sachez que cette piste n'a pas encore été validée, mais elle  me paraît jouable. Avis aux expérimentateurs !
Cependant, la deuxième voie à explorer me paraît plus sûre à long terme. La voici.

 

2. Paillage avec BRF précomposté en fin de printemps

Apportez le BRF précomposté (BRF laissé à l'ait libre pendant 4-5 mois minimum) en paillage une fois le sol réchauffé (mai pour le sud de la France, juin pour le nord). Le bon moment est quand la terre est bien ressuyée, douce sous le doigt, et tiède.

Paillez tomates, salades sur 2 cm. Renouvelez l'apport (+2 cm) en juillet si la période est chaude et sèche.
Pour les arbustes, arbres, framboisiers, fraisiers, effectuez en mai ou juin un apport unique de 3 à 5cm, pas plus.

Pour la saison suivante, vous pouvez au choix :

* soit conserver le paillage en place, l'écarter pour effectuer les semis . Vous compléterez la couche en mai-juin.
* soit incorporer très superficiellement le BRF précomposté en avril ou mai, quand la terre se prête au mélange (faites un essai) avant les semis. Vous compléterez la couche en mai-juin.
Cette méthode ci est employée avec d'excellents résultats par Étienne BONVALLET depuis 15 ans dans une terre ingrate.

 

3. Engrais verts d'automne et paillage avec BRF précomposté en fin de printemps

Nous avons donc identifié les problèmes inhérents au sol argileux : les argiles gonflent en hiver, ce gonflement ne laisse plus de place à l'air qui s'échappe, l'oxygène n'est plus là, les bactéries meurent, les champigons ne peuvent pas se développer, les racines sont asphyxiées.

Pour résoudre ce problème, il va donc falloir pendant l'époque hivernale :
1. d'une part garder de l'aération et de la vie microbienne dans ce sol
2. et sortir de l'eau

Une réponse possible : semer un engrais vert ou un mélange d'engrais verts, dont les racines dans le sol vont assurer une quadruple fonction :
a. aérer le sol par le travail mécanique de perforation des racines
b. aérer le sol par la présence des bébêtes du sol, dont les vers de terre, favorisée par la présence des racines (exsudats racinaires = sucres = nourriture de bactéries, elles-mêmes mangées par les amibes, elles-mêmes mangées par ...., un réseau trophique se met en place, la vie se réinstalle)
c. les plantes vont consommer l'eau et la sortir du sol => on évite le gonflement des argiles, on garde l'oxygène
d. le couvert végétal protège le sol du tassement provoqué par les gouttes de pluie.

Quel engrais vert semer et quand ?
Essayer un mélange à base de trois plantes : une crucifère (moutarde ou radis chinois = daïkon), 5 g/10m2 + légumineuse (vesce 10 /m2 ou féverole 50g/10m2 +) graminée (seigle ou avoine) 25g/10m2. A semer fin août.

Pourquoi ces trois plantes ? La crucifère a un système racinaire pivotant qui va décompacter le sol en profondeur, la graminée, elle, a un système racinaire superficiel mais puissant qui va aérer en surface, la légumineuse quant à elle va fixer l'azote de l'air pour la restituer aux cultures au printemps suivant.

Ce mélange va aérer le sol avec ses racines évaporer par transpiration l'eau de l'argile, et protéger le sol de la compaction.

Le mélange d'engrais vert sera détruit au printemps, et laissera la place libre pour les semis et plantations de printemps.
En mai, paillez la totalité de la surface avec de la paille, des tontes de gazon ou du BRF précomposté.

Si vous avez déjà du BRF dans votre jardin, plusieurs possibilités :

1. Si le BRF est incorporé, ne pas rajouter de BRF et jouez la carte engrais vert.

2. Si le BRF est en paillage, enlevez-le pour semer le mélange d'engrais vert. Ensuite, soit vous laissez le BRF en tas dans un coin du jardin pour le remettre en paillage une fois le sol réchauffé, soit vous pouvez, une fois le semis d'engrais vert bien levé (octobre), remettre une fine couche de BRF (1cm pas plus), le reste sera à profit réutilisé en fin de printemps sur sol réchauffé.

Fin mai, ajouter le BRF précomposté quand le paillage commence à disparaître. En été, le sol argileux doit resté toujours couvert !!
Et essayer de laisser un maximum de plantes en activité, des racines, toujours des racines, qui sont une forme de BRF souterrain (des racines naissent et meurent en permanence). Après la récolte des petits pois, par exemple, laisser si possible la plante en place et semer la culture suivante entre les rangs de petits pois.
Tant que les mauvaises herbes ne sont pas gênantes, on peut les laisser : elles aussi structurent le sol et l'aèrent.

Pour info, Terre d'Humus propose des engrais verts. Consultez-nous !


  4. Fabriquer du complexe argilo-humique

En résumé, le complexe argilo-humique (CAH) est composé d'argiles, d'humus et d'ions positifs.

En chimie, les "+" et les "-" s'attirent. L'ion calcium, Ca++, possède deux charges positives. Il est capable d'attirer les particules d'argiles et d'humus toutes deux chargées négativement.
Ce complexe argilo-humique forme des particules aérées, grumeleuses, tout ce dont on rêve.

Pour aérer notre terre argileuse grâce au CAH, il faut donc des apports en humus (le BRF et les engrais verts sont des bons candidats) et du calcium, qui fait défaut dans les terres argileuses acides (pH<7). Donc en rajouter dans ce cas. Préférer le calcaire broyé ou la dolomie à la chaux, qui a une action trop violente. Mais le BRF apporte aussi du calcium, ce qui permet de se passer des apports de calcaire ou de chaux.

Mais le CAH ne se fabrique pas tout seul : il n'est fabriqué que par les organismes du sol, et en particulier les vers de terre. Les lombrics avalent terre et résidus végétaux: à la sortie de leur tube digestif : le complexe argilo-humique.

Donc favorisons la présence des vers de terre, en gardant le sol couvert en permanence, et en ayant en permanence des racines dans le sol.

  Alors progressivement, au fil des ans, les populations de vers de terre vont se développer, piéger les argiles dans le complexe argilo-humique, et fabriquer de la terre "végétale", fertile, à raison d'environ 0,5 à 1 cm par an. (Manfred WENZ, agriculteur bio en Allemagne a "fabriqué" avec ses vers de terre 27 cm de terre végétale fertile en 25 ans).

Sachez que les premières années seront décevantes, car il faut du temps pour que tout se mette en place, que les vers de terre fassent des petits, ect. Mais, patience, persévérance et observation, ça va s'arranger au fil du temps.

En résumé, pensez vers de terre, sol toujours couvert, des racines toujours dans le sol, des intercultures les plus variées possibles sous forme d'engrais verts, des apports de calcium si votre sol en manque, et abandon progressif du travail du sol (ne grattez la terre que superficiellement à l'endroit du sillon).

 
  5. Cultiver en buttes 

 Cela demande du travail, mais les résultats sont à la hauteur.


Votre jardin en buttes sera consitué de planches permanentes cultivées de 1,20 m de large avec des allées de 40 à 50 cm environ.

La butte est montée grâce à la terre des allées, qui est remise sur la butte voisine. Ainsi, la butte est mieux drainée et se réchauffera plus vite au printemps. La 1° année, utiliser la technique engrais vert expliquée plus haut. Et comme elle est bonne pour le sol, ... poursuivez-là les années suivantes.

Le BRF sera apporté de préférence précomposté en mai sur sol réchauffé, sur 2 cm d'épaisseur.

 

Bien sûr, vous aurez intérêt à coupler toutes ces techniques (engrais verts avec forte proportion de légumineuses, buttes, et entretien du complexe argilo-humique, paillage avec BRF précomposté) . 

 

Merci à ceux qui expérimenteront tous ces conseils de me tenir au courant !