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8 impasse des acacias - 58160 SAUVIGNY-LES-BOIS - 06 11 85 28 64 - yl@terredhumus.fr


Terre d'Humus

* 15oct10 : bilan de saison 2010, chapitre 1 PDF Imprimer Envoyer

Après un bref rappel de l'intérêt du non travail du sol, voici en photos et en quelques mots l'histoire d'une planche du jardin, avec 15 mois sans travail important du sol, sans bêchage, sans grelinette, sans motoculteur, et sans désherbage sauf au moment du semis.

Seuls les semis ont nécessité dans l'état actuel des essais soit un sillon, soit un griffage du sol pour enfouir la graine.

Pourquoi ne plus travailler  son sol ? En voici quelques bonnes raisons :

1. Le travail du sol ... est un travail, fatigant pour le dos du jardinier et gourmand en énergie fossile pour le tracteur de l'agriculteur quandla charrue est de sortie.
2. Le travail du sol détruit la faune du sol : des prédateurs des limaces, comme les carabes ou les vers luisants; des guêpes tueuses de chenilles, des vers de terre, et tant d'autres méconnus et pourtant utiles. Par exemple, le labour entraîne une division par 4 du nombre des vers de terre.
3. La bêche ou le motoculteur assèchent le sol, augmentant la nécessité d'arroser
4. Tout bouleversement du sol s'accompagne d'une prolifération des herbes dites mauvaises. Encore du travail de désherbage en perspective !
5. Toute oxygénation du sol minéralise l'humus, c'est à dire en brûle les réserves, obligeant pour reconstituer le capital du sol à avoir recours aux "intrants" : composts, fumiers, engrais divers achetés.

Pour la personne convaincue du bien fondé de la démarche, la question se pose : comment faire en pratique ?

Voici donc l'histoire d'une planche de mon jardin.

 

Étape 1 : 31 août 2009 : semis d'un Biomax

  Biomax, c'est le terme employé par certains agriculteurs pour désigner des mélanges d'engrais verts. Le détail du mélange et son comportement au cours de l'hiver sont présentés ici : http://www.terredhumus.fr/content/view/70/19/

 En résumé : un mélange composé de plantes gélives (sarrazin, moutarde, phacélie) et résistantes au froid (féverole, vesce, radis fourrager, avoine, seigle) a été semé.


Étape 2 : 5 avril 2010, fauche du Biomax et semis des pois

  sd-2010-pois-avant.jpg

 

 

À la sortie de l'hiver, vue des plantes survivantes au gel (radis fourrager surtout, avoine un peu et seigle)

 

 

Les résidus de feuillage seront utilisés en paillage sur une autre planche, de crainte que les résidus attirent les limaces.

 

 

 

 

 

 

 

 

sd2010-pois-sillon.jpg

 

 

 

 

 

Un sillon est ouvert à travers le couvert clairsemé pour le semis des pois.

Le sillon est ensuite refermé puis recouvert de 1 à 2 cm de compost. sd2010-pois-sursol.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

  Après la coupe (cisaille) du couvert pour dégager le terrain, le deuxième rang de pois est  semé en déposant simplement les graines sur le sol.

 

Les graines sont ensuite recouverts par 3 cm de compost. 

sd2010-pois-semisfini.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Vue du semis terminé.

A gauche, le sillon recouvert de 1 à 2 cm de compost, après taille à la cisaille des engrais verts restants.

 

A droite, les graines déposées sur le sol et recouvertes de 3 cm de compost.

 

Le tout sera recouvert d'un voile P17, après avoir taillé, toujours à la cisaille, le couvert au milieu.

Des arrosages seront effectués, mais de manière parcimonieuse.

 

 

 

 

 

 

 

Étape 3 : 26 avril 2010, vue de l'ensemble

     sd-petits-pois-2010.jpg

 

Vue de l'ensemble : la levée est nettement meilleure à gauche, là où les pois ont été semés en sillon. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

sd-petits-pois-2010-repouss.jpg

 

 

 

 

Vue des repousses de radis et avoine.

Les repousses gênent les pois... rien de catastrophique, mais il faudra pour les prochains essais améliorer les choses...

 

 

 

  

 

 

 

   

Étape 4 : 2010, la récolte des pois
 
  sd-pois-recolte.jpg

sd-pois-grosplan.jpg

 

Résultat : belle récolte, sans aucun travail du sol, sauf le sillon. Des repousses d'engrais verts (seigle, avoine, radis fourrager) ont pénalisé la croissance des pois.

Trois parades à cela : retarder le semis du pois, car plus les engrais verts sont développés, moins ils repoussent.

Ou couper les engrais verts à 2 cm sous la surface (dans mon essai, ils ont été coupés au ras du sol).

Ou encore semer le pois derrière une culture hivernale (mâche, choux, poireaux, ...).

Aucun désherbage n'a été effectué. 

 
Étape 5 : 15 juillet 2010, destruction de la culture de pois et semis mélangé navets, carottes, salades,
trèfle incarnat, fenouil

  poireaux2010-1-50.jpg

 

 

Vue au 15 juillet 2010.

Les pois ont fanés.
Les choux plantés entre les rangs de pois végètent.

Ils vont être détruits avec les fanes de pois.

On constate des repousses de seigle et d'avoine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

poireaux2010-2-50.jpg

 

 

Les résidus de la culture de pois, les repousses d'engrais verts fauchés en avril et les adventices présentes sont coupées à la houe au ras du sol.

Le feuillage a été retiré au rateau pour réaliser le semis facilement.

Le mélange de graines : navets, salades, carottes, fenouil et trèfle incarnat est semé à la volée. Puis le sol est griffé très superficiellement pour incorporer les graines, puis tassé au rateau. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

poireaux2010-3-50.jpg

 

 

  Les résidus de pois et accompagnatrices ont été utilisés pour pailler cette même planche. Les arrosages ont été parcimonieux.
Absolument aucun désherbage n'a été effectué depuis cette date dans la planche.
Le démarrage a semblé pénible.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Étape 6 : 23 juillet 2010, plantation des poireaux

  Trois lignes de poireaux ont été plantés dans cette planche de semis mélangé. Le délai entre semis mélangés des légumes et les poireaux n'est dicté par aucune considération agronomique, mais par le temps de trouver des plants ...

 

Étape 7 : octobre 2010, la récolte commence et la diversité végétale cache une belle diversité animale

  poireaux2010-vueglob-50.jpg

 

La planche a bel aspect.

L'objectif recherché est atteint : occuper totalement la surface du sol par des légumes pour faire concurrence aux herbes spontanées et faire avec un seul semis plusieurs récoltes étalées, les légumes les plus précoces laissant la place aux plus tardifs. 
















 

 poireaux2010-5-detail-50.jpg

 

 

Gros plan sur le mélange poireaux, salade, navet, carotte, trèfle incarnat, fenouil.

Quelques sauvageonnes (adventices) sont présentes, tapissent le sol et le protège de l'érosion.

Le navet et la carotte sont à l'aise, la salade est dominée et n'atteindra pas une taille correcte.

Le trèfle incarnat est bien développé et fait jeu égal avec les navets.

Le fenouil reste chétif, mais je n'ai pas de point de comparaison, c'était la première tentative.

 

 

poireaux2010-6-navet-50.jpg

 

 

 

La récolte commence par les navets. (variété de Nancy, fournisseur Biau Germe).

Les navets sont sains, cependant très légèrement touchés par une galerie brune (mouche du navet ?).

La densité du navet et son parfum sont remarquables, sans commune mesure avec ce qu'on trouve sur les étals ici ou là.

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

  poireaux2010-7-panais-50.jpg

 

Un panais, unique survivant d'un semis entre les rangs de pois. Une belle bête. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  opilion-ko.jpg

Indépendamment des récoltes, quel bonheur de découvrir aussi les bestioles qui patrouillent dans cette jungle : cloportes, araignées, insectes volants non identifiés, larve de ver luisant (mangeuse de limaces), et opilion qui a la réputation de compter également parmi les prédateurs de gastéropodes.

 

Ci-contre : opilion

 

Ci-dessous, larve de ver luisant découverte également au milieu de cette planche mélangée.

(photo prise l'année précédente sous une écorce)

 

 

 

lampyre-larve-2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BILAN

Voici les enseignements tirés de ces 15 mois sur cette planche sans autre travail de sol que la destruction à la houe des résidus de la culture du pois et autres plantes présentes :

1. La culture du pois a réussi sans autre travail du sol que la réalisation du sillon. Le moins bon résultat sur le rang sans sillon est attribué au défaut d'humidité.

2. Les repousses d'engrais verts sont pénalisantes sur le rendement. Pour éviter cela, plusieurs voies à essayer :
   - soit choisir un engrais vert qui arrive à maturité (floraison et formation des graines) au moment du semis du pois.
   - soit essayer de détruire le couvert par une coupe sous le collet (3 cm sous la surface)

3. Le semis mélangé, sur le principe, avec des légumes bien choisis, permet d'assurer une bonne couverture du sol. Le taux de réussite est encore un peu faible. Ma terre de jardin sur cette planche est très séchante et j'arrose vraiment peu.

4. Le mariage poireaux, carottes, navet et trèfle incarnat (comme apport d'azote pour la culture suivante = tomates) est à reconduire. La salade et le fenouil sont dominés.

5. L'ensemble des techniques utilisées depuis 15 mois : couverture du sol permanente [sauf au moment du semis], faible travail du sol, cultures mélangées, permet à la fois d'obtenir des récoltes satisfaisantes et de favoriser la présence de précieux auxiliaires : opilions, ver luisant, pour ceux qui ont été aperçus, et combien d'autres ?

6. Aucun désherbage n'est effectué entre le semis et la récolte. La seule intervention sur ce point est celle réalisée au moment des semis.

7. La flore spontanée présente est considérée comme non gênante, car elle est dominée par les cultures. Elle est même considérée comme utile, en couvrant le sol et en l'aérant par ses racines, sans parler de son rôle probable sur la présence des auxiliaires.